Plustoken : l’arnaque crypto asiatique aux faux portefeuilles sécurisés

Plustoken, arnaque crypto asiatique basée sur de faux portefeuilles sécurisés

La naissance d’un wallet présenté comme sûr et innovant

L’explosion crypto en Asie (2018)

À partir de 2018, l’Asie de l’Est et du Sud-Est s’impose comme l’un des principaux foyers mondiaux d’adoption des cryptomonnaies. En Chine continentale, malgré les restrictions visant les plateformes d’échange, l’intérêt pour le bitcoin et les actifs numériques demeure élevé. Les usages se déplacent progressivement vers des applications mobiles et des wallets indépendants, perçus comme plus discrets et moins exposés aux contrôles.

C’est dans ce contexte que Plustoken surgit. Le projet ne se présente pas comme une plateforme de trading, mais comme un wallet crypto dit « intelligent », destiné à stocker et gérer différents actifs numériques. Le discours repose sur une promesse centrale : la sécurité. L’application affirme proposer un stockage fiable, une interface simple et une gestion automatisée des cryptomonnaies, sans exposition directe aux risques techniques associés à la détention de clés privées.

Simple. Intuitive. Rassurante.

L’app mobile qui conquiert l’Asie

Plustoken est diffusé sous la forme d’une application mobile compatible avec plusieurs systèmes d’exploitation. Son argumentaire s’articule autour de trois piliers : protection des fonds, simplicité d’utilisation et optimisation automatique des avoirs numériques. Les supports de présentation évoquent un outil capable de sécuriser les actifs contre les piratages tout en générant des gains via des mécanismes internes peu détaillés.

Le wallet affirme prendre en charge plusieurs cryptomonnaies majeures, notamment le bitcoin et l’ether. Pour l’utilisateur, l’expérience est celle d’un produit technologique moderne, présenté comme plus performant que les solutions de stockage existantes. Aucun discours ouvertement spéculatif n’est mis en avant dans un premier temps. Le vocabulaire privilégie la fiabilité, l’innovation logicielle et une forme de sérénité numérique.

Cette approche distingue Plustoken de certaines arnaques crypto plus anciennes, centrées sur des promesses de rendements immédiats. Ici, la promesse est plus subtile : un outil perçu comme sûr, largement adopté, capable de faire mieux qu’un simple stockage passif.

Des mécanismes internes volontairement opaques

Mécanismes internes opaques du système Plustoken et absence de transparence financière

Progressivement, Plustoken introduit des fonctionnalités présentées comme des avantages complémentaires. L’application met en avant un système de récompenses lié à l’utilisation du wallet et à la participation à son écosystème. Les gains affichés apparaissent sous forme de crédits réguliers, sans qu’un taux annuel clair ou une méthode de calcul vérifiable ne soit explicitement fournie.

Aucune documentation technique détaillée n’explique la manière dont ces gains seraient générés. Les explications restent générales.
Arbitrage automatisé ? Optimisation des flux ? Gestion intelligente de la liquidité ?
Ces termes s’enchaînent, sans démonstration technique accessible.

Dans un univers crypto où de nombreux projets fonctionnent sans audit public, cette opacité ne constitue pas encore, pour une large partie des utilisateurs, un signal d’alerte évident.

Une diffusion rapide par les réseaux communautaires

La croissance de Plustoken repose principalement sur la recommandation entre utilisateurs. Des groupes de discussion se forment sur les messageries privées et les réseaux sociaux. Les premiers utilisateurs partagent des retours positifs, mettant en avant la stabilité apparente de l’application et la régularité des gains affichés.

Les enquêtes chinoises de 2019 estiment que plus de 2 millions d’utilisateurs, principalement en Chine et en Asie du Sud-Est, ont créé un compte Plustoken sur une période relativement courte. L’application circule rapidement au sein de communautés déjà sensibilisées aux cryptomonnaies, notamment parmi des investisseurs particuliers en quête d’alternatives aux plateformes d’échange classiques.

Un système d’incitation à la recommandation est progressivement mis en place. Les utilisateurs sont encouragés à inviter de nouveaux membres en échange d’avantages supplémentaires intégrés à l’app. Ce mode de diffusion accélère fortement l’adoption du wallet et renforce la perception d’un outil déjà largement utilisé.

Ce schéma de croissance rappelle celui observé dans OneCoin : la plus grande arnaque crypto, où la confiance communautaire et la recommandation personnelle ont joué un rôle déterminant dans l’expansion rapide du dispositif.

Une crédibilité renforcée par l’apparence technologique

À ses débuts, Plustoken ne fait l’objet d’aucune alerte publique majeure. L’application fonctionne, les soldes s’affichent et les transferts internes semblent possibles. Pour les utilisateurs, rien ne distingue clairement ce wallet d’autres solutions crypto populaires à la même période.

L’absence de cadre réglementaire précis autour des applications de stockage de cryptomonnaies joue en faveur du projet. Plustoken ne se présente ni comme une banque ni comme un fonds d’investissement. Il se positionne comme un outil technologique, ce qui limite, dans l’esprit du public, l’attente de contrôles externes.

À ce stade, aucun élément tangible ne permet encore d’anticiper l’ampleur réelle des fonds déjà centralisés ni les fragilités structurelles du dispositif.
L’illusion était parfaite. Mais elle ne durerait pas.


La montée en puissance du système et la centralisation massive des fonds

Centralisation des fonds dans le système Plustoken à mesure de sa montée en puissance

La transformation progressive du wallet en dispositif d’adhésion

Après sa phase de lancement, Plustoken évolue rapidement. Le wallet présenté initialement comme un simple outil de stockage commence à intégrer des mécanismes d’adhésion plus structurés. L’inscription gratuite reste possible, mais certaines fonctionnalités présentées comme avancées deviennent conditionnées à des dépôts minimums en cryptomonnaies.

Les utilisateurs sont incités à transférer leurs actifs directement dans l’application. Contrairement à un wallet classique, où les fonds restent sous le contrôle direct de l’utilisateur, Plustoken impose une logique de centralisation. Les cryptomonnaies déposées ne sont plus visibles sur des adresses publiques clairement identifiables par l’utilisateur, mais agrégées au sein d’un ensemble de portefeuilles contrôlés par le système.

Cette évolution marque un changement fondamental de nature. Le wallet cesse d’être un simple outil technique pour devenir un intermédiaire incontournable entre l’utilisateur et ses actifs numériques.

L’introduction d’un modèle d’incitation structuré

À mesure que la base d’utilisateurs grandit, Plustoken formalise son système de récompenses. Les gains affichés dans l’application sont désormais liés à deux leviers principaux : le montant des fonds déposés et l’activité de recommandation. Plus un utilisateur apporte de nouveaux membres, plus ses avantages internes augmentent.

Ce modèle repose sur une hiérarchisation progressive des comptes. Certains utilisateurs obtiennent des statuts présentés comme premium, leur donnant accès à des rendements plus élevés ou à des bonus supplémentaires. Ces statuts ne sont pas acquis par des compétences techniques ou financières, mais par le volume de fonds transférés et le nombre de personnes recrutées.

Ce mécanisme renforce l’effet de réseau. Les utilisateurs les plus actifs deviennent des relais de croissance du système, sans disposer d’informations supplémentaires sur la réalité des flux financiers ou sur la gestion des actifs déposés.

Des volumes financiers en forte expansion

Forte expansion des volumes financiers au sein du système Plustoken

Entre 2018 et 2019, les montants transitant par Plustoken augmentent de manière significative. Les dépôts concernent principalement le bitcoin et l’ether, mais aussi d’autres cryptomonnaies largement utilisées à l’époque. Les flux entrants dépassent rapidement le cadre d’un simple projet communautaire.

Selon les estimations issues des enquêtes ultérieures, plusieurs milliards de dollars en actifs numériques auraient transité par les portefeuilles contrôlés par Plustoken au pic de son activité. Cette accumulation massive de fonds est rendue possible par la confiance installée lors des premières phases et par la difficulté, pour les utilisateurs, de suivre précisément le devenir de leurs cryptomonnaies une fois transférées.

À ce stade, aucun mécanisme indépendant ne permet de vérifier l’existence d’activités économiques réelles capables de générer les gains affichés dans l’application.

Une opacité croissante sur la gestion des actifs

Plus Plustoken grossit, plus la gestion interne des fonds devient opaque. Les utilisateurs n’ont accès qu’à des tableaux de bord internes, affichant des soldes en hausse et des crédits réguliers. Aucune information détaillée n’est fournie sur les adresses blockchain utilisées, les contreparties impliquées ou les stratégies mises en œuvre.

Les explications officielles restent vagues et techniques. Elles évoquent des opérations automatisées, une optimisation permanente des flux et une gestion algorithmique de la liquidité. Ces éléments, présentés comme des preuves de sophistication, ne sont accompagnés d’aucun audit public ni d’aucune documentation vérifiable.

Dans un environnement crypto encore peu régulé, cette absence de transparence n’entraîne pas immédiatement de défiance massive. Elle est perçue comme une caractéristique commune à de nombreux projets innovants.

Les premiers signaux faibles ignorés

À partir de la fin de l’année 2019, certains utilisateurs commencent à signaler des délais inhabituels lors de tentatives de retrait. Les explications fournies par le support évoquent des opérations de maintenance, des ajustements techniques ou des contrôles de sécurité temporaires.

Ces retards restent ponctuels et ne concernent pas l’ensemble des comptes. Pour une majorité d’utilisateurs, les soldes continuent d’augmenter à l’écran, renforçant l’idée que le système fonctionne normalement. Les signalements isolés sont noyés dans une communication globalement rassurante.

Ce phénomène est classique dans les dispositifs reposant sur la confiance et la croissance continue des flux entrants. Tant que les retraits restent marginaux par rapport aux dépôts, la structure peut maintenir l’illusion de stabilité.

Des mécanismes similaires ont été observés dans BitConnect : le schéma de Ponzi crypto qui promettait des rendements quotidiens, où les premiers blocages ont longtemps été interprétés comme des incidents techniques temporaires.

Une dépendance structurelle aux nouveaux apports

À ce stade, Plustoken repose de plus en plus sur l’arrivée continue de nouveaux fonds. Les gains affichés ne sont pas corrélés à une activité économique observable, mais à la capacité du système à absorber des dépôts entrants. Cette dépendance n’est jamais formulée explicitement, mais elle devient structurelle.

La croissance rapide masque les fragilités internes. Tant que la confiance persiste et que les flux entrants dépassent les sorties, le système peut fonctionner sans remise en cause majeure. Mais cette dynamique rend l’ensemble extrêmement vulnérable à la moindre rupture de confiance.

La phase suivante marquera précisément ce basculement.


Le basculement : retraits bloqués, fuite des opérateurs et effondrement du système

Blocage des retraits dans le système Plustoken marquant le début de son effondrement

Le ralentissement progressif des retraits

À la fin de l’année 2019, les premiers dysfonctionnements observés dans les retraits deviennent plus fréquents. Là où les délais étaient auparavant ponctuels et limités à certains comptes, les blocages commencent à toucher une part croissante des utilisateurs. Les demandes de retrait restent enregistrées dans l’application, mais leur traitement est reporté sans échéance claire.

La communication officielle de Plustoken invoque alors des raisons techniques. Des mises à jour de sécurité seraient en cours. Des optimisations du système de gestion des actifs nécessiteraient des suspensions temporaires. Ces explications, déjà utilisées dans les mois précédents, deviennent récurrentes.

Pour de nombreux utilisateurs, la situation reste ambiguë. Les soldes affichés continuent d’augmenter, donnant l’impression que les fonds existent toujours. L’impossibilité de retirer est présentée comme transitoire, et non comme un blocage définitif.

Une communication de plus en plus défensive

À mesure que les tensions s’accumulent, le discours officiel de Plustoken évolue. Les messages rassurants laissent place à des communications plus directives. Les utilisateurs sont encouragés à ne pas paniquer, à ne pas propager de rumeurs et à attendre la résolution des problèmes techniques.

Dans certains groupes communautaires, les questions critiques sont modérées ou supprimées. Les utilisateurs exprimant des doutes sont parfois accusés de nuire à la stabilité du projet. Cette gestion de la communication contribue à maintenir artificiellement la confiance d’une partie de la base d’utilisateurs.

Parallèlement, les promesses de gains continuent d’apparaître dans les tableaux de bord internes, malgré l’impossibilité pratique de récupérer les fonds. Cette dissociation entre les chiffres affichés et la réalité opérationnelle constitue un tournant majeur.

La disparition progressive des figures centrales

Disparition progressive des figures centrales du système Plustoken au moment de son effondrement

Au même moment, plusieurs figures associées à la promotion de Plustoken cessent progressivement toute prise de parole publique. Les canaux de communication officiels deviennent irréguliers. Les annonces se raréfient, puis disparaissent presque totalement.

Les utilisateurs les plus attentifs constatent que certaines mises à jour annoncées ne sont jamais déployées. Les échéances évoquées sont repoussées sans justification précise. L’écosystème, jusque-là très actif, entre dans une phase de silence prolongé.

Cette séquence correspond au moment classique où un dispositif reposant sur la confiance cesse de pouvoir absorber les demandes de sortie. Lorsque les flux entrants ne suffisent plus à couvrir les retraits, la structure se fige.

La révélation d’un contrôle centralisé des fonds

Peu à peu, une réalité devient évidente pour les utilisateurs : les cryptomonnaies déposées dans Plustoken ne sont pas simplement stockées, mais contrôlées par un ensemble restreint d’adresses centralisées. Les utilisateurs ne disposent pas des clés leur permettant d’accéder directement à leurs actifs.

Cette découverte remet en cause la promesse initiale du wallet. L’outil présenté comme sécurisé et autonome fonctionne en réalité comme une plateforme centralisée, sans les garanties associées à ce type d’infrastructure. Les utilisateurs n’ont aucun moyen technique de récupérer leurs fonds de manière indépendante.

Ce modèle rappelle des mécanismes observés dans BitClub Network : le faux minage Bitcoin qui a siphonné des centaines de millions, où la centralisation des actifs a permis un contrôle total des flux par les opérateurs du système.

L’effondrement visible pour les utilisateurs

À partir de ce point, l’effondrement devient perceptible. Les retraits sont bloqués de manière quasi généralisée. Les canaux communautaires se remplissent de témoignages concordants. Les promesses de résolution rapide disparaissent du discours officiel.

Les utilisateurs comprennent progressivement que les fonds affichés à l’écran ne correspondent plus à des actifs réellement disponibles. Les soldes deviennent purement théoriques. L’illusion entretenue par l’interface ne suffit plus à masquer la réalité financière du dispositif.

Cette phase marque la fin opérationnelle de Plustoken pour la majorité de ses utilisateurs. Le système ne s’effondre pas brutalement en une journée, mais se désagrège par accumulation de blocages, de silences et d’incohérences.

Une prise de conscience tardive et fragmentée

La prise de conscience ne se fait pas de manière uniforme. Certains utilisateurs continuent d’espérer un déblocage, tandis que d’autres réalisent plus rapidement l’ampleur des pertes. L’absence d’informations officielles claires empêche toute estimation précise des fonds réellement récupérables.

Ce décalage entre perception individuelle et réalité collective retarde la réaction globale. Il permet au système de se maintenir artificiellement, même après la paralysie effective des retraits.

À ce stade, Plustoken n’est plus un wallet défaillant, mais un dispositif figé, incapable de remplir sa fonction première. La phase suivante ne concernera plus la gestion interne du système, mais l’intervention des autorités et le devenir des fonds centralisés.


Arrestations, saisies massives et conséquences durables pour l’écosystème crypto

Arrestations et saisies massives liées à l’affaire Plustoken et leurs conséquences durables sur l’écosystème crypto

L’intervention tardive mais décisive des autorités chinoises

Après l’effondrement opérationnel de Plustoken, la question centrale devient celle de l’intervention des autorités. Dès 2019, les autorités chinoises ouvrent des enquêtes sur les personnes soupçonnées d’avoir organisé et dirigé le système. Contrairement à certaines affaires crypto transfrontalières difficiles à appréhender, Plustoken présente une particularité : une part significative de ses opérateurs et de ses activités est localisée sur le territoire chinois ou liée à des ressortissants chinois.

Les autorités procèdent progressivement à l’identification des principaux organisateurs. Plusieurs arrestations ont lieu entre 2019 et 2020. Les personnes interpellées sont soupçonnées d’avoir joué un rôle central dans la conception, la promotion et la gestion des portefeuilles contrôlant les fonds déposés par les utilisateurs.

Cette phase marque un basculement. Plustoken cesse d’être un simple dossier communautaire pour devenir une affaire pénale d’ampleur nationale.

La saisie de volumes exceptionnels de cryptomonnaies

Saisie de volumes exceptionnels de cryptomonnaies liés à l’affaire Plustoken par les autorités

Au fil de l’enquête, les autorités chinoises annoncent la saisie d’un volume massif de cryptomonnaies liées à Plustoken. Les actifs récupérés comprennent principalement du bitcoin, mais aussi d’autres cryptomonnaies majeures. Les montants évoqués atteignent plusieurs milliards de dollars au moment des saisies, ce qui place l’affaire parmi les plus importantes confiscations de cryptoactifs jamais réalisées.

Ces saisies confirment un point central longtemps débattu par les utilisateurs : les fonds déposés étaient effectivement centralisés et contrôlés par un nombre limité d’entités. Contrairement à l’illusion entretenue par l’interface du wallet, les cryptomonnaies n’étaient pas réparties sur des portefeuilles individuels, mais agrégées dans des adresses sous contrôle direct des opérateurs.

La récupération de ces actifs pose immédiatement une question sensible : que faire de ces cryptomonnaies dans un pays où les transactions et plateformes crypto sont officiellement interdites ?

La gestion controversée des actifs confisqués

Après la saisie, les autorités chinoises indiquent que les cryptomonnaies récupérées sont placées sous contrôle de l’État. Cette décision suscite des interrogations, tant au sein de la communauté crypto internationale que parmi les victimes du système.

Les utilisateurs lésés n’obtiennent pas de mécanisme clair de restitution individuelle. Les actifs confisqués ne sont pas redistribués directement aux victimes identifiées. La priorité semble être donnée à la gestion institutionnelle des fonds, dans un cadre juridique qui ne reconnaît pas pleinement les cryptomonnaies comme des actifs financiers classiques.

Par la suite, plusieurs informations font état de mouvements importants de bitcoins associés aux portefeuilles saisis, alimentant les débats sur l’impact potentiel de ces ventes ou transferts sur le marché global. Cette phase contribue à renforcer l’idée que Plustoken n’est pas seulement une arnaque individuelle, mais un événement systémique ayant laissé une empreinte durable sur l’écosystème crypto.

Les condamnations judiciaires et la fin officielle du réseau

Les procédures judiciaires aboutissent à la condamnation de plusieurs figures clés de l’affaire. Les peines prononcées incluent des peines de prison, reflétant la gravité des faits reprochés. Les tribunaux reconnaissent l’existence d’un système frauduleux structuré, reposant sur la centralisation des fonds et la tromperie des utilisateurs.

Ces condamnations marquent la fin officielle du réseau Plustoken en tant qu’organisation opérationnelle. Toutefois, elles ne permettent pas de réparer les pertes subies par la majorité des victimes. Pour beaucoup d’utilisateurs, les fonds déposés restent irrécupérables.

L’affaire rejoint ainsi une longue liste de dispositifs crypto effondrés dont les conséquences judiciaires n’ont pas permis une restitution proportionnelle aux pertes, un schéma déjà observé dans MTI Club : le plus grand Ponzi crypto d’Afrique du Sud.

Une affaire devenue référence pour la régulation crypto

Affaire Plustoken devenue une référence pour la régulation du secteur des cryptomonnaies

Avec le recul, Plustoken s’impose comme un cas d’école pour les régulateurs et les analystes. L’affaire illustre les risques liés aux portefeuilles centralisés présentés comme des outils neutres, mais fonctionnant en réalité comme des plateformes opaques.

Elle met également en lumière les limites de la protection des utilisateurs dans un environnement crypto faiblement régulé. L’absence de distinction claire entre wallet, plateforme d’investissement et dispositif de collecte de fonds a facilité la diffusion du système.

Enfin, Plustoken rappelle que la technologie ne constitue pas une garantie en soi. L’apparence d’innovation, l’ergonomie des applications et la complexité technique peuvent masquer des mécanismes simples de centralisation et de dépendance aux flux entrants.


FAQ : comprendre l’affaire Plustoken et ses implications

Plustoken était-il un simple portefeuille crypto ou un système d’investissement déguisé ?

Plustoken se présentait comme un portefeuille crypto sécurisé, destiné au stockage et à la gestion d’actifs numériques. Toutefois, son fonctionnement réel dépassait largement celui d’un wallet classique. Les fonds déposés étaient centralisés, contrôlés par le système, et associés à des promesses de gains internes, sans transparence sur leur origine. Cette combinaison brouillait la frontière entre outil technique et dispositif de collecte financière.

Pourquoi autant d’utilisateurs ont-ils fait confiance à Plustoken ?

Plusieurs facteurs expliquent cette confiance. Le projet s’inscrivait dans un contexte de forte adoption des cryptomonnaies en Asie, avec une demande élevée pour des solutions simples et mobiles. L’application fonctionnait, les interfaces étaient professionnelles, et les gains s’affichaient régulièrement à l’écran. À cela s’ajoutait un puissant effet communautaire, reposant sur la recommandation entre utilisateurs.

Les utilisateurs avaient-ils réellement le contrôle de leurs cryptomonnaies ?

Non. Contrairement à un wallet non custodial classique, les utilisateurs de Plustoken ne disposaient pas des clés privées leur permettant d’accéder directement à leurs fonds. Une fois déposées, les cryptomonnaies étaient agrégées dans des portefeuilles contrôlés par les opérateurs du système, ce qui supprimait toute autonomie réelle pour les détenteurs.

D’où provenaient les gains affichés dans l’application ?

Aucune information vérifiable n’a permis d’identifier une activité économique réelle capable de générer les gains affichés. Les explications fournies par Plustoken reposaient sur des termes génériques liés à l’automatisation et à l’optimisation des flux, sans audit public ni preuve technique. Les enquêtes ultérieures n’ont pas mis en évidence de mécanisme transparent justifiant ces rendements.

Combien de personnes ont été affectées par l’affaire Plustoken ?

Les estimations issues des enquêtes chinoises font état de plus de deux millions d’utilisateurs, principalement en Chine et en Asie du Sud-Est. Le nombre exact de victimes et le montant précis des pertes individuelles restent difficiles à établir, en raison de la centralisation des fonds et de l’absence de registres accessibles aux utilisateurs.

Les victimes ont-elles pu récupérer leurs fonds après les arrestations ?

Dans la majorité des cas, non. Bien que des volumes importants de cryptomonnaies aient été saisis par les autorités chinoises, aucun mécanisme généralisé de restitution directe aux victimes n’a été mis en place. Les actifs confisqués ont été placés sous contrôle étatique, sans redistribution proportionnelle aux utilisateurs lésés.

Plustoken a-t-il eu un impact sur le marché global des cryptomonnaies ?

L’affaire a suscité une attention particulière en raison des volumes de cryptomonnaies impliqués. Les mouvements ultérieurs de fonds associés aux portefeuilles saisis ont alimenté des débats sur leur impact potentiel sur le marché, notamment sur le bitcoin. Plustoken est ainsi devenu un cas fréquemment cité dans les analyses portant sur la volatilité et la confiance dans l’écosystème crypto.

Quelles leçons les utilisateurs peuvent-ils tirer de l’affaire Plustoken ?

Plustoken rappelle qu’un outil présenté comme technologique et sécurisé peut masquer une centralisation totale des fonds. L’absence de clés privées, l’opacité des mécanismes de gains et la dépendance à la recommandation communautaire constituent des signaux d’alerte majeurs. L’affaire souligne également les limites de la protection des utilisateurs dans un environnement crypto faiblement régulé.


Sources

Chainalysis — Analyse de l’arnaque PlusToken et de son impact sur le prix du Bitcoin

CoinGeek — Affaire PlusToken : les principaux opérateurs condamnés à des peines allant jusqu’à 11 ans de prison

CryptoNews — Effondrement de PlusToken et fonctionnement du faux système de portefeuille crypto

Asia Financial — La Chine confisque 4,2 milliards de dollars d’actifs crypto liés à l’arnaque PlusToken

Yahoo Finance — Des portefeuilles dormants liés à PlusToken déplacent plus de 4 milliards de dollars en cryptoactifs

Bitrue Research — PlusToken : chronologie détaillée et analyse du système frauduleux

Phemex — La Chine conserve 194 000 bitcoins issus de la saisie PlusToken malgré l’interdiction des cryptomonnaies

Yahoo Finance — La Chine aurait vendu près de 20 milliards de dollars de cryptomonnaies liées à PlusToken

Okta – Identity 101 — PlusToken : présentation de l’arnaque et enjeux liés à l’identité numérique

Binance Square — Analyse communautaire de l’affaire PlusToken et de ses conséquences durables


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